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Filière cunicole - Les facteurs d’attractivité du métier d’éleveur de lapins

Le 29/05/2024 à 10:00 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
Filière cunicole - Les facteurs d’attractivité du métier d’éleveur de lapins

Pour continuer d’approvisionner les consommateurs, la filière doit recruter de nouveaux éleveurs.

La France est le troisième producteur européen de lapins et le sixième pays consommateur (371 g par habitant et par an en 2022). Mais la filière cunicole, comme l’ensemble des filières agricoles, est concernée par un vieillissement de sa population. En effet, près de deux tiers des éleveurs ont plus de 50 ans et sur les dix dernières années, 46 % des élevages cunicoles ont disparu. La filière doit donc recruter de nouveaux éleveurs afin de continuer à approvisionner les consommateurs. 

La principale problématique est que l’élevage cunicole peine à se faire connaître car la cuniculture manque fortement de visibilité dans les parcours de formation agricole. Les intéressés ne découvrent la production qu’en se formant directement sur le terrain, avec l’appui des professionnels, éleveurs et techniciens. Pourtant, ce métier apporte des conditions de travail intéressantes : une bonne organisation du temps de travail, une diversité de tâches liée à l’aspect naisseur-engraisseur, des défis et un besoin de technicité stimulant, un animal calme et facile à manipuler et enfin une rémunération stable. Pour lutter contre ce manque de visibilité du métier, la filière cunicole a souhaité travailler sur l’attractivité du métier d’éleveur par le biais d’une étude menée par Anaël Roussel du Clipp*, l’interprofession nationale cunicole, qui a consisté à réaliser des entretiens d’éleveurs et de professionnels de la filière. 

Les facteurs d’attractivité et les trajectoires d’installation diffèrent selon les éleveurs cunicoles. L’étude a ainsi permis de définir quatre profils d’éleveurs selon leurs caractéristiques principales. 

œLes parents préoccupés”

Ces éleveurs sont principalement des femmes entre 55 et 60 ans, installées depuis 15 à 25 ans sur des élevages plus petits que la moyenne française. Elles sont pour la plupart mariées avec un agriculteur et ont rejoint le milieu après une carrière professionnelle à l’extérieur. Pour elles, le choix du lapin a été une « révélation » et « une évidence parce que c’est très agréable à travailler ». En effet, la passion pour l’animal est la première compétence requise pour elles mais restent sensibles aux pressions sociétales. Ces éleveuses notent aussi que ce métier permet d’avoir un rapport vie professionnelle/vie personnelle intéressante grâce au confort de travail, à la planification des tâches et à la souplesse horaire. 

œLes expérimentés pragmatiques”

Ce profil regroupe majoritairement des hommes âgés de 45 à 60 ans installés depuis plus de 25 ans à la suite des parents ou voulant s’émanciper des contraintes des autres filières d’élevage. Ces éleveurs sont les plus expérimentés grâce à leur ancienneté mais également parce qu’ils pratiquent d’autres activités agricoles qui leur permettent de comparer les productions et de porter un regard pragmatique sur la cuniculture. Il s’agit d’éleveurs qui échangent entre eux et qui apprécient dans leur métier l’organisation, la rémunération et la qualité de vie mais restent inquiets concernant la reprise de leurs élevages. 

œLes jeunes ambitieux”

Il s’agit ici d’éleveurs âgés de 20 à 30 ans, installés depuis moins de cinq ans après des études agricoles et qui sont passionnés de technique. Ils apprécient dans ce sens, l’automatisation des tâches, l’informatisation, la partie maternité qui « est le résultat du travail de l’éleveur » et ont des projets pour faire évoluer leurs pratiques ou leur élevage. Cependant, ils sont inquiets sur la réglementation future qui peut leur imposer des investissements qui s’ajouteraient à leur installation récente. 

œLes isolés arrivés par hasard”

Ces éleveurs ont entre 25 et 40 ans et pratiquent la cuniculture depuis moins de quinze ans dans des élevages de taille moyenne situés en dehors du bassin de production ligérien. Pour eux, le lapin n’était pas leur première option mais ils cherchaient une production nécessitant de faibles apports financiers, une rémunération stable, avec un confort de travail et du temps disponible pour la famille ou d’autres activités. C’est ainsi que, pour eux, la filière cunicole a été découverte par hasard, par l’intermédiaire d’une offre d’emploi, d’un stage, d’une discussion avec un technicien ou d’un conseiller du Point accueil installation.  

Les éleveurs enquêtés

22 éleveurs ont été enquêtés au premier semestre 2023 et sont répartis dans toute la France mais avec une prédominance dans le Grand Ouest car la production cunicole y est plus dense. Ils se différencient par le genre (dix femmes, douze hommes), l’âge (de 23 à 61 ans), l’ancienneté dans la cuniculture (1 à 38 ans), le type de structure juridique de l’exploitation (douze individuelles, dix sociétaires), l’origine (issus ou non du milieu agricole), le type de logement des animaux (quatre alternatifs, quatre en projet d’évolution, quatorze cages), et la présence d’autres activités agricoles de l’exploitation (onze ont au moins une autre activité de type cultures ou élevage). 

Les métiers de la filière recrutent aussi

L’étude a également permis d’enquêter seize personnes (huit femmes et huit hommes) âgés de 24 à 61 ans dont le métier est en lien avec les élevages cunicoles (nutrition, génétique, vétérinaires, techniciens et prestataires de services) car les entreprises rencontrent également des difficultés à recruter. L’étude a mis en évidence qu’il existe plusieurs métiers et que les personnes ont différents parcours scolaires et professionnels. Mais surtout, la majorité de ces personnes ont découvert le lapin par hasard, lors d’un stage ou d’un remplacement d’un collègue. 

Cette étude a permis de poser les bases de l’attractivité du métier, ce qui n’existait jusqu’alors pas en lapin, et de réfléchir à des actions concrètes telles que la réalisation de plaquettes de communication sur les généralités de la filière ou la communication auprès des établissements de formation afin de « provoquer le hasard » et de susciter de l’intérêt pour ces métiers. 

Anne-Sophie Le Gonidec
Chambre d’agriculture Pays de la Loire 
*Comité lapin interprofessionnel pour la promotion des produits français

   

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