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Loire-Atlantique - Céréales en difficulté : les conséquences pourraient être lourdes

Journaliste - Loire-Atlantique agricole
Le 10/12/2019 à 09:48 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
Loire-Atlantique - Céréales en difficulté : les conséquences pourraient être lourdes

Entre les semis non réalisés, et ceux qui sont à présent noyés, l’automne 2019 n’a pas été clément pour les céréales. Aux pertes directes en grains et paille, s’ajoutent des pertes indirectes : flambée des prix de la paille, dépenses supplémentaires en intrants et en semences…

Les mois d’octobre et de novembre, très pluvieux, ont considérablement perturbé les semis de céréales. « On est à 300 mm depuis octobre », décrit Jérôme Boutard, agriculteur à Guémené-Penfao. S’il a réussi à semer à peu près tout ce qu’il avait prévu, certains de ses semis, les plus tardifs, réalisés après labour fin novembre, sont actuellement sous l’eau…  
«Qu’est-ce que ça va donner ? L’eau ne réussit plus à s’infiltrer… On va avoir de la perte… Paradoxalement, ce sont les semis réalisés dans mes terres les plus saines qui sont en danger… Dans mes terres humides, j’ai anticipé, j’avais semé plus tôt, fin octobre, et ça a levé ».  Malgré tout, Jérôme Boutard relativise ses pertes : «  Environ 10 % de mes surfaces sont concernées ; je pense qu’au sud de la Loire, les situations sont  plus difficiles ».

Les semis peuvent reprendre

Bruno Auger est justement sud-Loire, plus exactement à Chauvé. Lui n’a pas pu réaliser le quart de ses semis (22 ha sur 87 ha), mais il ne s’inquiète pas outre mesure : «  J'ai déjà envisagé de changer de culture au printemps… ce sera peut-être du  lupin ».
Il n’est toutefois pas trop tard pour semer : « Un mois de décembre sec permettrait de reprendre les semis : on a déjà vu des semis de fin décembre avec des résultats corrects ! », décrit Bénédicte Bazantay, conseillère en agronomie et productions végétales à la chambre d’agriculture. « Les pourcentages de surfaces semées sont très variables d’un secteur à l’autre », poursuit-elle. Au niveau régional, l’observatoire officiel Céréobs estime qu’environ 84 % des surfaces en blé et 91 % des surfaces en orge ont été semées. Cela correspond à la moyenne française et c’est bien au-dessus des voisins bretons qui n’ont que 35 % de surfaces de blé semées…

Grande variabilité des situations

Toutes les situations ne sont pas mauvaises heureusement. A la ferme de Derval, par exemple, Bruno Couilleau, technicien en charge des études et des expérimentations, a réussi à semer tout ce qu’il avait prévu : « Tout a été semé du 25 au 29 octobre. Les conditions de semis, après labour, étaient plutôt bonnes en début de période et de moins en moins bonnes en fin de semis ».
« Aujourd’hui, les blés sont au stade 2 feuilles et plutôt réguliers. Les comptages de levées indiquent entre 260 et 280 plantes levées par m2, ce qui est élevé. Les pertes ont été très faibles sauf dans les zones totalement engorgées d’eau où aucune plante n’a levé. Ces zones représentent environ 1% de la surface semée et sont situées dans les tournières où l’eau a stagné ».

Ne pas faire de frais maintenant

Difficile en effet d’estimer les pourcentages de céréales noyées et en difficulté :«  Il y a une grande variabilité selon les types de sol et le travail du sol…Certains labours ont été réalisés en conditions très limites, il y a eu un lissage en profondeur et beaucoup d’eau est arrivée dessus, sitôt le semis », poursuit Bénédicte Bazantay.
A l’excès d’eau s’ajoutent les menaces liées aux limaces « qui, elles, se portent très bien », et plus généralement à tous les parasites de faiblesse. Toutefois, le seul conseil que peut donner à ce jour Bénédicte Bazantay, « c’est de ne pas faire de frais sur ces céréales en cours de levée !  Mieux vaut faire un point de situation mi-janvier avec des vrais comptages de levées.  Le seuil de retournement économique étant 80 plantes levées /m2 pour un blé. En fonction, il faudra se reporter sur culture de printemps (orge) pour tous ceux qui ont besoin de paille ».

Inquiétude sur le prix de la paille

L’approvisionnement en paille suscite en effet déjà beaucoup d’inquiétudes. Dans les campagnes, les prix commencent à augmenter et des éleveurs se positionnent dès maintenant pour en acheter. Avec cette flambée des prix de la paille, avec des céréales qui auront besoin d’un coup de boost en sortie d’hiver, et avec des rendements réduits, Jérôme Boutard craint beaucoup pour les trésoreries des exploitations.
Ce n’est pas la seule inquiétude : l’administration sera-t-elle tolérante vis-à-vis des surfaces qui n’auront pas pu être semées cet hiver, ou qui n’auront pas levé en raison des excès d’eau ? Et n’y aura-t-il pas une pénurie de semences sur les cultures de printemps, notamment sur le maïs, au vu de la piètre récolte 2019 ? Le pire n’est jamais certain, mais toutes ces questions sapent encore un peu plus le moral des agriculteurs en cette fin d’année.



 

   

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