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Loire-Atlantique - Adam, des chèvres du Soudan aux vaches ligériennes

Journaliste - Loire-Atlantique agricole
Le 10/10/2019 à 11:28 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
Loire-Atlantique - Adam, des chèvres du Soudan aux vaches ligériennes

A Nantes, le service orientation de la chambre d’agriculture cherche à attirer des publics demandeurs d’emploi vers les métiers agricoles. Parmi ces demandeurs d’emploi se trouvent des personnes réfugiées, qui se montrent souvent très motivées. Un 'public' nouveau, souvent non francophone, qui nécessite un accompagnement spécifique. Mais une vraie chance pour une agriculture en manque de salariés !

De son passé, on ne saura que peu de choses. D’abord parce que la barrière de la langue est encore présente et empêche une communication fluide sur des sujets sans doute sensibles. Ensuite, parce qu’Adam Mohamed, 26 ans, mérite d’être considéré comme tout autre salarié agricole : originaire du Soudan, il a suivi, en 2019, un module tremplin (1) de la chambre d’agriculture, puis une POEC (2) d’agent d’élevage laitier.  

Un statut de réfugié

Considéré comme en danger dans son pays par l’Etat français, Adam a le statut de réfugié : il a donc le droit de travailler où il le souhaite. Par ailleurs, il est domicilié à Nantes, titulaire du permis du conduire et, depuis peu, dispose d’une voiture. Enfin, son curriculum vitae indique : curiosité, rigueur et persévérance.
Des personnes comme Adam, il est possible qu’on en retrouve de plus en plus dans les rangs des salariés agricoles des exploitations de Loire-Atlantique, et, qui sait, dans quelques années, dans ceux des exploitants ! C’est en tout cas une réalité constatée par l’équipe Orientation du centre de formation de la chambre d’agriculture : dans les voyages en agriculture et les réunions d’information organisées à destination des demandeurs d’emploi, on trouve de plus en plus souvent des personnes réfugiées.

Une forte motivation pour le travail

« Ce sont des gens qui ont très envie d’aller vers l’emploi, de s’insérer en travaillant », commente Matthieu Cousin, chargé de mission orientation à la chambre. Les métiers agricoles les attirent particulièrement, puisqu’ils les ont souvent pratiqués dans leur pays d’origine.  Jeunes et motivés, ils constituent une chance pour l’agriculture départementale en manque de main d’œuvre.
Conscient de cela, le service orientation se rapproche de plus en plus des associations qui aident les réfugiés, par exemple celles qui donnent des cours de français langue étrangère. « On a eu plusieurs personnes grâce à ces contacts, venues notamment d’Afrique de l’Est ».

Dépasser la barrière de la langue

« Même s’ils prennent des cours de français, le principal frein à leur insertion, c’est la langue », remarque Annie Drouet, elle aussi chargée de mission orientation à la chambre. « Lorsqu’ils sont dans des visites ou des formations avec des francophones, cela va trop vite pour eux ». C’est pourquoi l’équipe du centre de formation a décidé, en début d’année 2019, de proposer une session de « module tremplin », uniquement pour 10 personnes non francophones. « On est ainsi plus à l’écoute, on s’adapte, ils n’ont pas les mêmes repères », commente Annie Drouet.

Une préparation à l’emploi

Adam Mohamed a donc suivi ce module tremplin spécifique en mars et avril dernier. Comme il accrochait bien, lui et un autre « non francophone » ont ensuite enchainé, en mai et juin, par un POEC, spécialisé en élevage laitier. Là, ils ont été intégrés à un groupe, qui a été « bienveillant avec eux » selon la conseillère.
Durant ce POEC, en plus des bases de la conduite d’un troupeau laitier ¬ et de celles d’un tracteur ¬, Adam a été accueilli en stage durant 11 jours chez Claire Boulo. Cette agricultrice, qui produit du lait et du porc à Nort sur Erdre, est aussi, pour une partie de son temps« agriformatrice » à la chambre.
Pour elle, prendre du temps pour accueillir Adam, lui expliquer et lui montrer les matériels, est un peu une seconde nature… « J’aime apprendre aux autres, et apprendre d’eux. Pour moi, c’est un enrichissement. »

Motivé, Adam metttait son réveil à 4 h du matin

« J’ai pu constater qu’il était très volontaire », rapporte l’agricultrice. Il lui en fallait, en effet, de la volonté, pour être à Nort sur Erdre à 6 h 30 ! «  Je mettais le réveil à 4 heures le matin », confirme Adam. A l’époque de son stage, il n’avait pas de voiture. Il se rendait donc de Nantes à Nort sur Erdre en transports en commun, puis à pied.  « Il s’est adapté très vite. Il était toujours content de venir et toujours avide d’explications. Pour se comprendre, on utilisait beaucoup le téléphone portable, pour traduire un mot. Je lui ai aussi acheté un répertoire dans lequel nous avons collé une trentaine de photos du matériel de traite avec leurs noms en français. »

Un oeil d'éleveur

Chez Claire, Adam a appris à traire, avec les bonnes pratiques de traite, mais aussi à nettoyer les cabanes des veaux, à regrouper les animaux, entretenir les locaux… « On l’a mis sur toutes les tâches. On l’a fait dessiler, faucher, andainer, faner. Et on a pu remarquer qu’il était plutôt à l’aise, pas effrayé. Il a à cœur de bien faire : il est très attentif, hyper méticuleux, jamais il ne restait inoccupé ! En plus, il a un vrai regard d’éleveur. Il voyait tout de suite si une vache était en chaleur ou un veau malade ». Adam a en effet grandi avec des animaux : «  Mon père avait des chèvres ».

Un contrat de travail en octobre

Claire et son mari ont fini par faire tellement confiance à Adam, qu’ils le laissaient commencer tout seul la traite du matin. Ils l’auraient d’ailleurs volontiers gardé sur l’exploitation, comme apprenti, mais le jeune homme a préféré prendre directement un contrat à plein temps : en ce début du mois d’octobre, il va devenir officiellement salarié agricole, dans un autre Gaec laitier, à Héric, où il fera sensiblement le même travail. 
Présente depuis le tout premier « voyage en agriculture » d’Adam, la chambre d’agriculture ne va pas le laisser tomber avec la signature de ce premier contrat : Adam et Antoine, son employeur, vont bénéficier d’un accompagnement spécifique en « relationnel et ressources humaines ».








 

  1.  Nouveau dispositif de préqualification financé par la Région des Pays de la Loire, qui donne des prérequis pour accéder aux formations agricoles. Il comprend 10 jours de stage.
  2. Préparation opérationnelle à l’emploi collective : 210 heures, avec 11 jours de stage.

   

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