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Risques - « En cas d’incendie, ne jamais aller dans les fumées ! »

Catherine Baty
Le 24/03/2023 à 10:16 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
Risques - « En cas d’incendie, ne jamais aller dans les fumées ! »
Sébastien Boquet, formateur-coordinateur et conseiller en prévention et sécurité Efea, livre ses conseils en cas d’incendie.

Stocks inflammables, installations électriques… Les sources d’incendie dans les bâtiments agricoles sont multiples. Rappels et conseils de Sébastien Boquet, formateur-coordinateur et conseiller en prévention et sécurité Efea (centre de formation de la chambre d'agriculture Pays de la Loire).

Quelles sont les conditions qui peuvent engendrer un incendie dans un bâtiment agricole ?

Sébastien Bosquet : En France, près de 2 474 incendies touchent les exploitations agricoles chaque année et font des centaines de victimes. L’électricité en est l’une des principales causes. Les situations à risques sont en fait assez nombreuses dans une exploitation, notamment par la nature des matières stockées. Les gaz d’échappement, les particules brûlantes ou enflammées (par exemple lors de travaux par points chauds comme de la soudure ou du meulage), peuvent entrer en contact avec des matières inflammables (fourrage, sacs plastiques, cageots…). La composition chimique des produits utilisés pour les cultures est évidemment propice. On peut aussi citer les citernes de fuel, les réserves de gaz (suite à une fuite de produit mis en contact avec une source d’inflammation) et le risque d’explosion si la cuve est prise dans les flammes. Le stockage en silo des céréales présente un risque d’explosion lors du remplissage par formation d’une atmosphère explosive. Il est donc indispensable de veiller à la mise à l’équipotentialité (relier à la terre en permanence les silos et les moyens de transport lors du remplissage). Dans les exploitations viticoles, les stockages d’alcool sont aussi une source d’incendie. Un alcool au-delà de 14°-15° peut être considéré comme pouvant participer à la combustion (c’est-à-dire que lorsqu’il est chauffé, il peut dégager suffisamment de vapeur pour entretenir l’incendie). N'oublions pas l’incendie lié aux panneaux photovoltaïques.
 

Face à un incendie, comment réagir en fonction des situations ?

Il faut d’abord alerter et faire sortir les personnes présentent. De manière générale, on attaquera le feu si possible à l’aide d’un extincteur approprié (à poudre, à mousse, etc).

Dans le cas où il n’est pas possible et/ou que l’extincteur n’est pas suffisant, avertir les sapeurs-pompiers en composant le 112 et en leur indiquant votre identité, l’adresse précise du site concerné, les circonstances de l’incendie, s’il y a des victimes et des risques particuliers (présence de produits phytosanitaires, engrais, panneaux photovoltaïques, cuve à fuel…).

 

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre, les réactions inappropriées ? 

Surtout, dans tous les cas, il ne faut jamais aller dans les fumées. Elles sont extrêmement toxiques et chaudes. Ce sont elles les premières causes de décès dans les incendies et non pas les flammes ! Les gens pensent pouvoir traverser les fumées avec un mouchoir sur la bouche, c’est beaucoup trop dangereux et inefficace. En maintenant fermée la porte de la pièce dans laquelle on est, on se protège. Bien réagir face à un incendie n’est pas un sujet évident car préconiser de rester cloisonné (pour ne pas subir les fumées) peut faire peur. On aborde particulièrement ce point lors de nos formations incendie car il nécessite d’être bien expliqué et discuté. 

 

Qu’est ce qui peut aider un exploitant à limiter les risques ? 

L’élaboration et la mise à jour du DUER (Document unique et d’évaluation des risques) permet entre autres de limiter, réduire le risque incendie en ayant identifié, voire réduit ou éliminé les dangers. L’exploitant doit être vigilant à la sécurité et à la prévention de son outil de travail tout au long de la vie de ses bâtiments et de son activité. Il veillera notamment à entretenir les installations techniques (électricité, gaz) et à les faire périodiquement conformément à la réglementation ; à réaliser au minimum tous les trois ans un contrôle par thermographie infrarouge de l’installation électrique car les échauffements anormaux sont la première cause des incendies d’origine électrique ; veiller à se faire délivrer un permis de feu pour tous les travaux par points chauds (soudure, découpe, etc), notamment ceux réalisés à proximité des matériaux et équipements inflammables. Le professionnel s’engage ainsi à vérifier qu’il n’y a pas de risque avant et après l'opération. Enfin, je ne peux que préconiser de suivre une formation de prévention incendie, spécifique au milieu agricole, que ce soit pour les risques liés aux récoltes ou sur l’ensemble de l’exploitation. Efea (centre de formation de la chambre d’agriculture) propose ce type de formations. 



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Prévention incendie sur panneaux photovoltaïque

Il existe un référentiel D20 (élaboré par Centre national de prévention et de protection, CNPP) qui définit les préconisations techniques minimales auxquelles doivent répondre les installations photovoltaïques en toiture pour garantir la sécurité des bâtiments, en particulier en ce qui concerne le risque incendie. Ce texte indique que l’on ne doit pas : installer de panneaux au-dessus d’environnements susceptibles de générer des vapeurs ou des poussières explosibles ; installer des connectiques de la même marque ; placer les panneaux sur une toiture totalement incombustible, ou avec complément d’étanchéité BroofT3 (au sens de l’arrêté du 14 février 2003 relatif à la performance des toitures et couverture de toiture exposées à un incendie extérieur). Le référentiel dit aussi qu’en cas d’éléments de construction combustible, il faut les isoler des panneaux par des écrans EI60 ; ne pas couvrir les murs coupe-feu et laisser une bande incombustible de 5 m de part et d’autre de la limite de compartimentage ; mettre en place des câbles non-propagateurs de flamme (C2) et traités contre les rongeurs. Les chemins de câbles doivent être protégés mécaniquement et écartés de la couverture.
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